Souveraineté médicale : faut-il vraiment tout entraîner soi-même ?
Une architecture souveraine peut garder les données, les décisions et les évaluations sous contrôle tout en restant capable de changer de fournisseur de modèle.
La souveraineté utile ne consiste pas à posséder chaque poids. Elle consiste à conserver le contrôle des données, du routage, des versions, des preuves et de la possibilité de sortir.
Commencer par la surface de contrôle
En santé, le débat sur la souveraineté se réduit souvent au lieu d’entraînement ou au fournisseur du modèle. Ces éléments comptent, mais ils ne couvrent pas la chaîne complète : quelles données sortent, quelle version répond, comment l’appel est journalisé et comment le système change de fournisseur ?
Notre premier choix : les embeddings locaux
Les passages documentaires sont représentés localement avec un modèle multilingue exécuté via ONNX. Cette décision évite d’envoyer chaque extrait à une API externe et reste économique avant les premiers volumes de production.
Le profil d’embedding est versionné avec son modèle, sa dimension, sa normalisation et sa distance. Une nouvelle version peut être ajoutée sans prétendre que les anciens vecteurs sont équivalents.
Une gateway avant un nouveau modèle
Medyx sépare la capacité demandée — représenter, classer ou générer — de l’endpoint qui l’exécute. Chaque appel réel peut ainsi conserver sa version, sa latence, son statut et son coût.
Cette interface commune permet de combiner un composant local, un fournisseur européen, une API externe ou un modèle privé sans reconstruire le produit autour de chacun.
Le checkpoint interne reste un artefact
Un checkpoint Medyx de 186 millions de paramètres est enregistré avec sa model card, mais aucun endpoint de génération ne le sert aujourd’hui. Nous le qualifions donc d’artefact de recherche.
L’entraîner davantage avant d’avoir un protocole, un endpoint de référence et un usage mesurable déplacerait des ressources sans réduire le risque produit principal.
Les cinq questions de souveraineté
Avant de sélectionner un modèle, une organisation devrait pouvoir répondre : quelles données quittent l’environnement, qui peut les relire, quelle version a répondu, comment la qualité est mesurée et combien de temps faut-il pour changer de fournisseur ?